Discours contre la centralisation sociale [ Edition originale ] - Auteur: CAPURAN, Edouard - Année d'édition: 1842 |
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Discours contre la centralisation sociale [ Edition originale ]
1 vol. in-16 reliure de l'époque demi-basane rouge, Imprimerie de Prosper Noubel, Agen, 1842, 113 pp.
Commentaire : Très intéressant essai de l'écrivain et bibliophile agenais Edouard Capuran (1803-1858), réagissant au plaidoyer d'Edouard Cormenin en faveur de la centralisation. 'Ne faudrait-il pas que les provinces travaillassent à leur émancipation intellectuelle : En se délivrant du joug de la presse parisienne ; En faisant bonne et prompte justice des gloires ridicules qu'elle leur impose ; En lui renvoyant avec dédain tant d'idées futiles ou dangereuses qu'elle leur adresse chaque jour sous toutes les formes ; En exprimant elles-mêmes leurs sentiments et leurs opinions ; En produisant des livres honnêtes, sérieux, utiles ; Et en opposant ainsi leur énergie jeune et féconde, à la puissance énervante et vieillie de la centralisation. Quel serait le résultat de cet affranchissement nouveau de la pensée ? - Les Lettres retrouveraient leur dignité perdue et reprendraient leur mission civilisatrice. - D'un autre côté, Paris, voyant que la vie lui échappe avec son influence, et qu'il va être dévoré par ses propres oeuvres, sentirait le besoin de se rajeunir à des sources plus fraîches, et serait forcé de suivre l'impulsion des provinces. Alors les pauvres écrivains qui font un métier de la littérature, ou qui prennent pour une sainte vocation les fumées de leur folle vanité, comprendraient qu'il ne peut plus y avoir là pour eux de profit à faire ou de renommée à acquérir, et chercheraient ailleurs leur place. Alors les hommes doués de facultés vraiment supérieures, et qui sont forcés par les capricieuses exigences d'une société blasée, de prodiguer avant leur maturité les fruits de leur génie, s'empresseraient de fuir, de quitter Paris avec la joie du prisonnier qui sort de son cachot...... Et comme ils seraient heureux de respirer un air pur, de voir le ciel et la lumière face à face, loin des brouillards et des vapeurs malsaines, de retrouver dans leur indépendance l'originalité de leur esprit, et dans la solitude les inspirations les plus fécondes !' [... ] Il faut pour cela une force qui découle d'une source spirituelle, et qui, par sa tendresse inépuisable, arrache les âmes à l'influence matérielle de la personnalité.[... ] Il n'y a que la religion de Jésus qui puisse opérer de pareils miracles ! - Je sais bien que des esprits superficiels ou de mauvaise foi ne cessent d'annoncer que le christianisme se meurt. Pour moi, j'ose assurer qu'il n'a accompli encore que la moitié de ses destinées, que lui seul peut donner aux sociétés une forme durable en régularisant l'expansion par l'unité, et qu'on ne trouvera que dans son sein cet immense amour capable de réaliser ici-bas une image parfaite, quoique bornée, de l'harmonie divine'. Bon état (petite étiquette de cote au premier plat, deux petites piqûres de vers en mors, très bon état par ailleurs).