[ Copie officielle authentifiée, réalisée fin XVIIIe ou tout début XIXe, de lettres patentes édictées par le roi Henri II en janvier 1554, confirmant l'adoubement sur le champ de bataille et l'octroi d'armoiries a - Auteur: HENRI II ; (STEHELIN, Bernhard ; BOURDIN, Gilles) - Année d'édition: 1780 |
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[ Copie officielle authentifiée, réalisée fin XVIIIe ou tout début XIXe, de lettres patentes édictées par le roi Henri II en janvier 1554, confirmant l'adoubement sur le champ de bataille et l'octroi d'armoiries a
1 feuillet papier format 40, 7 x 26.3 cm, manuscrit sur papier, copie officielle et authentifiée du XVIIIe siècle d'un acte royal du XVIe siècle, écriture cursive très soignée, présence d'un sceau héraldique en cire rouge au centre du feuillet, arme des Stéhelin : (écartelé, aux 1 et 4, d'or au lion de sable, couronné du champ ; au 2, d'azur à trois étoiles d'or ; au 3, d'argent à trois roses de gueules, boutonnées d'or. Sur le tout : d'azur à une fleur de lys d'or). Transcription complète : [ Copie officielle authentifiée, réalisée fin XVIIIe ou tout début XIXe, de lettres patentes édictées par le roi Henri II en janvier 1554, confirmant l'adoubement sur le champ de bataille et l'octroi d'armoiries au capitaine suisse Bernhard Stehelin (Stähelin), issu d'une lignée éminente du patriciat de Bâle. Cette distinction récompense sa bravoure exceptionnelle lors du siège et de la bataille de Renty en août 1554 ] Copie) Henry Par la Grace de Dieu, Roi de France, à tous presens et avenir Salut. Savoir faisons, que nous considerants les Vertus, Vaillans & Experiences au fait des Armes, qui sont en la personne de notre cher et bien aimé Bernhard Stehelin, Capitaine du Canton de Basle, ayant aussi égards et considération, aux bons, grands et agréables Services, qu'il nous a par cy devant et des longtems faits, au fait de nos Guerres, mesmes en la rencontre, que nous eumes dernièrement à l'encontrée de l'Empereur, notre Ennemy devant la Place de Renty, ou le dit Stehelin, fit tel devoir et preuve de sa personne et vaillance, que dès lors, Nous luy baillames l'ordre de Chevaillerie et donnames de notre main, La Collée, et pour ce qu'il nous a Supplier et requis luy vouloir en témoignage du titre et degré d'Honneur, dont nous l'avons ainsi honoré, luy faire expedier nos lettres, pour ce nécessaire, et avec celuy, faire don d'Armes, pour luy et sa posterité. Nous en inclinant à la Supplication et requêtte, du dit Capitaine Bernhard Stehelin, et afin que l'Honneur que nous luy avons fait puisse demeurer à luy et à sa Posterité à perpetuelle memoire du dit Valeur & merite. Avons dit et declaré, disons & déclarons, que nous avons au dit Capitaine Bernhard Stehelin, donné à la dite rencontre, faite devant la dite Place, le [mot caché par le sceau] ordre de Chevalerie, en présence de plusieurs Princes de notre Sang et autres Grands Personnages, Etants icy, nous, pour par luy jouïr, et user doresnavant de tous droits de noblesse, Honneurs, autres privileges, prerogatives, Préeminances, tant en fait de Guerre, Armes, Assemblées & Jugements que ailleurs. Tout ainsi, et par la forme et manière que ont accoutumés faire, les autres chevaliers, et avec ce avons de notre plus ample grâce, promis et octroyez, promettons & octroyons, par ces présentes au dit Stehelin Qu'il puisse doresnavant luy et sa posterité, les armes telles qu'elles sont, en l'Ecusson cy [mot illisible] et developpés, licitement porter et elever, par toute terre, lieux et Seigneuries, que bon luy semblera, soit en temps de Paix ou de Guerres, et d'icelles, jouïr et user perpetuellement, tout ainsi et par la forme et maniere que font, et ont accoutumés faire les autres Nobles, portants Semblables Enseignes et Armes, tant dedans, que hors notre Royaume, et afin que notre present Don et Octroy, Soit et demeure a jamais vallables, à la décoration du nom du dit Capitaine Bernhard Stehelin, et de ses Successeurs, et qu'il en Soit perpétuelle memoire, Nous avons fait mettre et apposer notre Sceau a ces présentes, Sauf en autres choses notre droit et l'autruys en toutes. Donné a St Germain en Laye, du mois de Janvier, L'an de grace, Mil Cinq Cents Cinquante Quatre, et de notre Regne, le Huitieme. Par le Roy. (L.S) Signé Bourdi. nVista
Commentaire : Ce document est une copie officielle authentifiée, réalisée fin XVIIIe ou tout début XIXe, de lettres patentes édictées par le roi Henri II en janvier 1554 (1555 en nouveau style). Par cet acte, le souverain confirme l'adoubement sur le champ de bataille et l'octroi d'armoiries au capitaine suisse Bernhard Stehelin (Stähelin), issu d'une lignée éminente du patriciat de Bâle. Cette distinction récompense sa bravoure exceptionnelle lors du siège et de la bataille de Renty (août 1554), opposant les armées d'Henri II à celles de Charles Quint. L'acte illustre la pratique chevaleresque de l'adoubement direct par le monarque sous la tente ou sur le champ d'honneur ('donnant de notre main la Collée'), ainsi que le rôle capital des troupes suisses dans l'armée royale des Valois. Au XVIIIe siècle, l'établissement de ce type de vidimus certifié sous sceau de cire rouge répondait à la nécessité, pour les descendants d'officiers anoblis, de produire des preuves irréfutables de noblesse pour accéder aux honneurs, aux pensions ou aux rangs militaires supérieurs. Originaire de Schlestadt en Alsace, Stehelin était venu se fixer à Bâle. Sa situation y fut d'abord bien modeste ; il fut quelque temps aubergiste. Puis il se fit soldat, se distingua par sa bravoure, sa prudence, son énergie, arriva vite au grade de capitaine, fut fait chevalier par le roi de France Henri II après la bataille de Renty et commanda un régiment suisse. C'est à Bâle qu'il passa de nouveau les dernières années de sa vie. Il y mourut âgé seulement de cinquante ans. Il avait dû gagner quelque fortune ; cette fortune fut placée chez des banquiers de Nuremberg et ce fut pour ce motif qu'il joua le rôle d'agent diplomatique au service de la France et fit connaître au roi, par l'intermédiaire de l'ambassadeur, que la France entretenait à Soleure certains secrets d'État (cf Félix Stähelin, Ritter Bernhard Stehelin, 1905). On notera qu'en France au XVI siècle (jusqu'à l'Édit de Roussillon en 1564 sous Charles IX), l'année civile ne commençait pas le 1 janvier, mais le jour de Pâques. Par conséquent, le mois de janvier 1554 appartenait encore, selon leur comptabilité, à l'année 1554, mais dans notre décompte moderne, l'acte original dont on lit ici la copie date de janvier 1555. Bon état pour ce beau document.