Livre de Raison de la famille de Lacoste, dans la région de Sainte-Foy-la-Grande et Montravel, près de Montaigne [ ves 1577-1698 ] [ Avec les relevés systématiques du prix des grains à Sainte-Foy-la-Grande de 1577 &agrav - Auteur: LACOSTE ; DE LACOSTE DE LUSSAC ; COLLECTIF - Année d'édition: 1595 |
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Livre de Raison de la famille de Lacoste, dans la région de Sainte-Foy-la-Grande et Montravel, près de Montaigne [ ves 1577-1698 ] [ Avec les relevés systématiques du prix des grains à Sainte-Foy-la-Grande de 1577 &agrav
1 registre in-8 (27 x 20 cm) reliure plein vélin de remploi, rédigé tête-bêche, Mention de titre en couverture : « Memoyre : [... ] testamens, mariage [... ] Declaration d'actes, d'achapts et autres mémoires » et sur l'autre couverture : « Memoyre des quitances Dachpts [ Mémoire des Quittances d'Achat ], 1 f. blanc, 17 ff. manuscrits, 53 ff. blancs, 55 ff. manuscrits. On joints quelques actes de même provenance (dont une transaction immobilière à Saint-Astier).Passionnant « Livre de Raison » de la famille de Paul de Lacoste, époux de Fr. de la Grace (marié en 1659), ayant passé son testament devant notaire royal à Sainte-Foy-la-Grande. La généalogie remonte à Mathieu de Lacoste, né en 1560, puis à Jean, fils de Mathieu, né en 1595, Etienne (né en 1597) et Suzanne (née en 1599). Jean est baptisé par Mollay, ministre de Fauillet, Etienne par le ministre Danglade, Suzanne par Desparats, « ministre de cette ville », juste après la promulgation de l'Edit de Nantes. Parmi d'autres documents joints, un acte daté d'octobre 1709 fait mention de « Noble Alexandre de Lacoste, Escuyer seigneur de Lussac », manifestant l'ascension sociale de la famille de Lacoste. Comme dans tout livre de raison, on y trouve non seulement mention des actes d'état civil, mais également de tous les achats, échanges de terre et de consolidation parcellaire révélatrice de l'accroissement de la fortune des Lacoste. On y découvre surtout un remarquable « Estar du Raport du bled de la ville & iurysdicion de St foy En Ajenois sur dordogne despuis lannee 1577. iusques a lannee 1642 et suyvantes ainsy quil a communement valeu au marche dicelle annee par annee, Ledict Raport S'estrant au vray des livres de monsieur Proizeau S. de [masse]... & de Faure. Et afin que le raport iuste puisse servir a ceux de Montravel faut scavoir que la mesure dud. montravel Est plus grande que Celle de St foy dune neufviesme. ainsy quand Le bled a valu dans st Foy huit solz il faut conter neuf pour Montravel. Et lorsquil a bally [valu] vingt & quattro solz faut conter vint & sis Et un quart ou quan pour sept de plus. la forée se fait du prix du bled d'ung St martyn a lautre St Mich. la l'autre. » [ Transcription rapide : État du rapport du blé de la ville et juridiction de Sainte-Foy-en-Agenois sur Dordogne [Sainte-Foy-la-Grande], depuis l'année 1577 jusqu'à l'année 1642 et suivantes, tel qu'il a couramment valu, année après année, sur le marché de ladite ville. Ce rapport est extrait fidèlement des livres de monsieur Proizeau, seigneur de Masse, et de Faure. Et afin que ce rapport exact puisse également servir pour Montravel, il faut savoir que la mesure dudit Montravel est plus grande d'un neuvième que celle de Sainte-Foy. Ainsi, lorsque le blé vaut huit sols à Sainte-Foy, il faut compter neuf sols pour Montravel. Et lorsqu'il a valu vingt-quatre sols, il faut compter vingt-six sols et un quart (ou un quarton) en plus. La forée [i.e. le prix moyen officiel] s'établit d'une Saint-Martin à l'autre (ou d'une Saint-Michel à l'autre) ]. Le document est en réalité plus complet, car il contient les relevés systématiques du prix des grains à Sainte-Foy-la-Grande de 1577 jusqu'à 1699 (liste de 1577 à 1676 puis de 1677 à 1699), pour le froment, le seigle et l'avoine, mesuré par quart (l'unité locale de mesure des grains) ! On y relève l'explosion des prix certaines années, comme en l'année 1595, en 1598 ou en 1694, fameuse année de famine... La seconde partie rédigée tête-bêche s'ouvre sur une longue description (une page et demie) de l'inondation d'une cité (sans doute Sainte-Foy) par la Dordogne, survenue le 15 mars 1615. On y évoque la place du Foirat, le lieu dit La Crabière, la porte du chay appelée la Libournaise (ou Libournette), la fonte subite des « neiges des montagnes » qui surpris la plaine. Suit une brève description d'un autre tempête du 20 février 1617 « fust un sy grand vent qui dura presque tout le jour » qu'il abattit « grand quantité de grands noyers et autres grands arbres » [ ... ]
Commentaire : Remarquable manuscrit, probablement rédigé à partir de 1595/1600 jusqu'à la fin du XVIIe siècle (si les mercuriales courent jusqu'en 1699, les dernières rédactions plus développées s'arrêtent vers 1680), d'un très grand intérêt local. Dans ce passionnant « Livre de Raison » de la famille de Paul de Lacoste, époux de Fr. de la Grace (marié en 1659), ayant passé son testament devant notaire royal à Sainte-Foy-la-Grande. La généalogie remonte à Mathieu de Lacoste, né en 1560, puis à Jean, fils de Mathieu, né en 1595, Etienne (né en 1597) et Suzanne (née en 1599). Jean est baptisé par Mollay, ministre de Fauillet, Etienne par le ministre Danglade, Suzanne par Desparats, « ministre de cette ville », juste après la promulgation de l'Edit de Nantes. Parmi d'autres documents joints, un acte daté d'octobre 1709 fait mention de « Noble Alexandre de Lacoste, Escuyer seigneur de Lussac », manifestant l'ascension sociale de la famille de Lacoste. Comme dans tout livre de raison, on y trouve non seulement mention des actes d'état civil, mais également de tous les achats, échanges de terre et de consolidation parcellaire révélatrice de l'accroissement de la fortune des Lacoste. On y découvre surtout un remarquable « Estar du Raport du bled de la ville & iurysdicion de St foy En Ajenois sur dordogne despuis lannee 1577. iusques a lannee 1642 et suyvantes ainsy quil a communement valeu au marche dicelle annee par annee, Ledict Raport S'estrant au vray des livres de monsieur Proizeau S. de [masse]... & de Faure. Et afin que le raport iuste puisse servir a ceux de Montravel faut scavoir que la mesure dud. montravel Est plus grande que Celle de St foy dune neufviesme. ainsy quand Le bled a valu dans st Foy huit solz il faut conter neuf pour Montravel. Et lorsquil a bally [valu] vingt & quattro solz faut conter vint & sis Et un quart ou quan pour sept de plus. la forée se fait du prix du bled d'ung St martyn a lautre St Mich. la l'autre. » [ Transcription rapide : État du rapport du blé de la ville et juridiction de Sainte-Foy-en-Agenois sur Dordogne [Sainte-Foy-la-Grande], depuis l'année 1577 jusqu'à l'année 1642 et suivantes, tel qu'il a couramment valu, année après année, sur le marché de ladite ville. Ce rapport est extrait fidèlement des livres de monsieur Proizeau, seigneur de Masse, et de Faure. Et afin que ce rapport exact puisse également servir pour Montravel, il faut savoir que la mesure dudit Montravel est plus grande d'un neuvième que celle de Sainte-Foy. Ainsi, lorsque le blé vaut huit sols à Sainte-Foy, il faut compter neuf sols pour Montravel. Et lorsqu'il a valu vingt-quatre sols, il faut compter vingt-six sols et un quart (ou un quarton) en plus. La forée [i.e. le prix moyen officiel] s'établit d'une Saint-Martin à l'autre (ou d'une Saint-Michel à l'autre) ]. Le document est en réalité plus complet, car il contient les relevés systématiques du prix des grains à Sainte-Foy-la-Grande de 1577 jusqu'à 1699 (liste de 1577 à 1676 puis de 1677 à 1699), pour le froment, le seigle et l'avoine, mesuré par quart (l'unité locale de mesure des grains) ! On y relève l'explosion des prix certaines années, comme en l'année 1595, en 1598 ou en 1694, fameuse année de famine... La seconde partie rédigée tête-bêche s'ouvre sur une longue description (une page et demie) de l'inondation d'une cité (sans doute Sainte-Foy) par la Dordogne, survenue le 15 mars 1615. On y évoque la place du Foirat, le lieu dit La Crabière, la porte du chay appelée la Libournaise (ou Libournette), la fonte subite des « neiges des montagnes » qui surpris la plaine. Suit une brève description d'un autre tempête du 20 février 1617 « fust un sy grand vent qui dura presque tout le jour » qu'il abattit « grand quantité de grands noyers et autres grands arbres » [ ... ]. Etat très satisfaisant (reliure frottée, traces d'usages avec qq. accrocs, mouill. colorée en marge intérieure des premiers feuillets, bon état par ailleurs, l'on joint quelques actes de même provenance dont une transaction immobilière à Saint-Astier) pour ce document éclairant l'histoire de la région de Sainte-Foy-la-Grande, sur la Dordogne, aux limites extrêmes du département la Gironde.